Profil musculaire énergétique

Le profilage musculaire énergétique (aérobie et anaérobie) permet aux athlètes et aux entraîneurs d’adapter l’entraînement en fonction des forces et des faiblesses physiologiques. Il permet également de déterminer le style de jeu dans les sports collectifs. L’évaluation repose sur deux tests clés : un test pour la composante aérobie [V̇O₂max ou vitesse maximale aérobie (VMA)] et un test pour la composante anaérobie [Counter Movement Jump (CMJ)]. La relation entre les deux peut être positionnée dans le graphique ci-contre.

Test composante aérobie (V̇O₂max ou VMA) : Ce test mesure la consommation maximale d’oxygène (V̇O₂max), un indicateur clé de la capacité d’endurance. On peut également effectuer un test de terrain pour estimer la VMA. En moyenne, V̇O₂max = 3.5 x VMA.

Test composante anaérobie avec le VIBE (CMJ) : Ce test évalue la hauteur du saut, ce qui reflète la puissance explosive, qui est fortement liée à la proportion de fibres musculaires rapides. Plus on saute haut, plus on possède des fibres rapides.

Interprétation des résultats et implications pour l’entraînement

  • Profil Sprinteur (CMJ élevé, V̇O₂max faible)
    • Forces : Puissance explosive, force musculaire élevée.
    • Faiblesses : Faible endurance, fatigue rapide.
    • Entraînement : Prioriser le travail anaérobie, les sprints et le renforcement musculaire. La récupération entre les séries et les entraînements est essentielle en raison de la rapide fatigabilité des fibres musculaires rapides et pour garantir la qualité du travail de puissance.
    • Récupération : L’athlète à besoin de plus de récupération entre les efforts intenses. L’entraînement en force et en sprint doit être équilibré avec des temps de repos élevés
  • Profil Endurant (CMJ faible, V̇O₂max élevée)
    • Forces : Grande résistance à la fatigue, excellente utilisation de l’oxygène.
    • Faiblesses : Production de puissance et vitesse limitée, faible explosivité.
    • Entraînement : Favoriser les entraînements longs et à intensité modérée pour maximiser l’efficacité des fibres musculaires lentes. Si l’on cherche à développer la puissance avec un profil endurant, le travail typique de puissance musculaire demande beaucoup d’énergie pour peu de résultats. Il est préférable d’apprendre à lire le jeu, anticiper les mouvements et se positionner sur le terrain.
    • Récupération : L’athlète peut supporter plus de volume d’entraînement. Le travail explosif est souvent peu efficace.
  • Profil Hybride (CMJ moyen, V̇O₂max moyenne)
    • Forces : Bon équilibre entre endurance et puissance. Adaptable.
    • Faiblesses : Pas de spécialisation extrême.
    • Entraînement : Un mélange d’endurance, de force et de puissance. L’entraînement peut être modulé en fonction des exigences de la discipline. Par exemple, dans le cyclisme, un puncheur privilégiera le travail de puissance soutenue avec des pics de puissance élevés, tandis qu’un rouleur mettra l’accent sur l’aérobie.
    • Récupération : L’athlète bénéficie d’une planification par cycles, alternant des phases d’endurance et de développement de la puissance pour maximiser les deux systèmes.

 

Ce profilage permet d’adapter l’entraînement en fonction des caractéristiques physiologiques de chaque athlète, optimisant ainsi sa performance dans sa discipline spécifique. Ce profilage permet également de déterminer le style de jeu dans les sports collectifs. Il faudrait opter pour un focus sur des temps d’accélération rapides et des changements de vitesse avec des moments clés pour les profils ‘sprinteurs’. En revanche, les profils ‘endurants’ devraient privilégier des styles de jeu en mouvement continu avec une grande distance parcourue.